La lanterne rouge n’est plus rouennaise depuis le succès du SPO en déplacement à Hyères. 3 succès de rang, dont le dernier samedi en terre varoise, ont fait décoller l’équipe de M.Veyronnet après une 1ère moitié de saison indigente. Décryptage de cette résurrection.
Une équipe remodelée
Le roster du SPO Rouen au jour d’aujourd’hui diffère sensiblement de celui ayant participé à la première journée de championnat. Sur les 9 joueurs de la défaite initiale contre Cholet (65 à 56), 3 ne font plus partie de l’effectif (Kevin Houston, Seth Scott et Ray Nixon) et 2 sont absents longue durée pour cause de blessures (Mohammed Hachad et Cheikou Thioune). Plus parlant encore, le 5 majeur de la victoire de samedi dernier à Hyères Toulon était renouvelé aux 4/5èmes par rapport à celui ayant débuté le championnat.
L’apport en cours de route de la société Ferrero, principal sponsor de l’équipe résidente des Cotonniers a permis de corriger à la fois les erreurs de casting (Nixon) et les méformes persistantes (Houston). Pierrick Poupet, d’abord, puis Eric Chatfield, Shawnta Rogers et Aerick Sanders ont rejoint l’équipe en cours de saison. Les 3 joueurs extérieurs sont désormais les dépositaires du jeu normand. La marque de fabrique de celui ci : une grande discipline (Rouen, malgré son classement est la 6ème équipe du championnat perdant le moins de ballons – 13,5 en moyenne par match `), symbolisée par Shawnta Rogers. Vétéran des parquets, le néo rouennais a marqué de son empreinte les 3 victoires d’affilée du SPO (en autant de matchs pour lui) : 13 points, 8 passes et seulement 2 balles perdues en moyenne en 37 minutes de jeu. Dans un registre de finisseur, Chatfield, lui, joue juste : 17 points de moyenne en 7 matchs (45% à 2 et 3 points, 74% aux lancers francs).
Une équipe de guerriers
La progression de l’équipe n’est pas seulement le fait des renforts extérieurs. 2 joueurs, présents depuis le début du championnat, symbolisent la force mentale du SPOR : Darnell Williams et Edwin Jackson.
Capitaine, figure locale emblématique, Williams a du sentir passer le vent du boulet. En plein marasme durant la première moitié de la saison, le joueur donnait l’impression de ne pas s’être remis des deux fractures de la jambe subies l’an dernier. Sans impact, sans vitesse, sans agressivité, ses premiers matches, hormis l’entame contre Cholet (12 points) donnaient le vertige tant le longiligne intérieur semblait perdu sur le parquet. Mais loin de se décourager, Darnell gardait confiance dans son shoot à 3 points, principal point fort de poste 4 passant le plus clair de son temps derrière l’arc. Ses 47% dans les shoots longue distance en moyenne sur la saison en font le baromètre de l’équipe. Avec 19 et 14 points, ses deux derniers matchs furent convaincants. Williams est bien toujours à la barre de son navire.
Autre shooteur longue distance patenté, Edwin Jackson a démontré qu’il ne doutait jamais. Très complémentaire des autres extérieurs de l’équipe (Rogers, Chatfield, Poupet), Jackson est l’energizer des lignes arrières. Systématiquement recherché par ses partenaires lorsqu’il est sur le terrain, le fils de l’ancien pivot de la Pro A Skeeter Jackson progresse a vue d’œil cette saison : 11,4 points en moyenne en 27 minutes de temps de jeu. Son coach Michel Veyronnet souligne régulièrement ses qualités mentales, encore le week-end dernier :
C’est un mec qui n’abandonne pas (Paris Normandie du 18 janvier).
Equipe de France, Pro A, All Star game….Tout va très vite pour le jeune joueur prêté par l’ASVEL. Une saison qui lui apprend beaucoup certainement. Un des leaders du SPOR, définitivement.
Des points faibles qui peuvent s’améliorer
Moins bonne attaque de la Pro A (71,5 points marqués en moyenne), moins bonne adresse à deux points (46,4% en moyenne), les hommes de Michel Veyronnet ont redressé la barre sur les trois derniers matchs (3 victoires dont 2 à l’extérieur et 2 contre des équipes du haut de tableau, Roanne et Hyères Toulon) : 84,6 points inscrits sur ces 3 matchs. A Hyères, les rouennais ont shooté à 52,3%. Avec 36,3% sur la saison à 3 points, les rouennais visent juste. Seuls Paris, Hyères-Toulon et Strasbourg font mieux dans ce domaine. Avec un joueur comme Rogers à la baguette, aucune raison que cela ne change. En confiance avec leur maître à jouer, les artilleurs de l’équipe (Chatfield, Jackson, Williams) doivent continuer sur cette voie là.
Dernier de la classe dans la catégorie des rebonds (28,8 prises en moyenne), le club seino-marin souffre, surtout sous son cercle (19,3 rebonds défensifs par match en moyenne). Le profil de l’équipe avec un poste 4 très fuyant (Williams) et une équipe sous dimenssionnée à tous les postes expliquent cette faiblesse. Véritable joueur de peinture, Aerick Sanders - 8 points et 6 prises en moyenne depuis son arrivée en 21 minutes de temps de jeu - doit apporter dans ce domaine. Auteur de bons passages sur les 3 matchs auxquels il a pris part, il doit confirmer et être le complément de Nascimento et Williams. Avec un temps de jeu en chute libre, Soliman (4 points et 4 rebonds en 15 minutes) quant à lui peut-il gagner de nouveau la confiance du coach ? Si ce n’est pas le cas, il faudra suivre avec attention le retour de blessure de Thioune, qui voudra apporter sa pierre à l’édifice et redevenir l’aspirateur à rebonds qu’il était l’an passé (6,1 en moyenne).
Le maintien et rien d’autre
Le choix des renforts a été le bon. La confiance en Michel Veyronnet, absent durant toue la préparation pour cause d’équipe de France, jamais démentie. Un seul objectif pour le commando rouennais : assurer pour la deuxième année consécutive un maintien en Pro A. le match de coupe de France contre le voisin ébroïcien doit servir à rôder cette nouvelle équipe et parfaire les automatismes.
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