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Alors que Roland-Garros attend le successeur de Yannick Noah depuis 1981, c’est finalement le basket qui a hérité du dernier rejeton de la famille : un dénommé Joakim qui explose actuellement en NBA pour sa troisième saison aux Chicago Bulls.
Chapitre 1 : Les sorties de route
Arrivé chez les Chicago Bulls après avoir bouclé les quatre années cursus universitaire – et remporté deux titres NCAA avec les Gators de Floride – Jooks a d’abord fait parlé de lui par sa propension… à trop l’ouvrir (l'hérédité diront les mauvaises langues). Loin d’être ridicule sur le terrain malgré une masse physique un peu juste pour le poste de pivot auquel il a été rapidement destiné, Joakim Noah n’hésite pas à donner son avis sur tout, chose très mal vue en NBA quand on est rookie.
Ajoutez à cela une éthique de travail jugée un peu laxiste, et vous avez une image d’un joueur à qui la presse, les coachs et les coéquipiers n’ont pas vraiment envie de faire de cadeaux. Suite à ses écarts de conduite, ces derniers ont même voté son bannissement temporaire du groupe après une première suspension par le club !
Au final, même si la saison de rookie de Noah s’achève sur un 6,6 points, 5,6 rebonds en 20’ plutôt encourageant, et même si son engagement sur le terrain n’est jamais mis en cause, c’est plutôt dans la catégorie déception que le jeune homme est classé.
Peut-être pour mettre un point final (d’exclamation !) à cette première saison éprouvante pour ses nerfs, Yannick Junior profite de ses vacances pour se faire attraper avec une bouteille d’alcool en public (ce qui est interdit aux USA). La police locale le fouille et trouve un pétard (l'hérédité toujours ?) et découvre qu’il conduit avec un permis non valable. Résultat : une pluie de commentaires assassins dans la presse de Chicago et une suspension assortie d’une amende par la NBA.
Chapitre 2 : La reprise en main
Délesté de la pression qui pèse sur les rookies mais sommé de justifier les espoirs portés sur lui, Joakim Noah a tout à gagner pour sa seconde saison en NBA. Dans une raquette chicagoan assez désertique, il est rapidement intronisé dans le cinq majeur. Pivot titulaire, il s’applique à faire le sale boulot, compensant toujours un corps un peu frêle par une activité de tous les instants et une motivation jamais prise en défaut.
Il conclut la saison régulière par des stats similaires à sa première saison malgré un temps de jeu en hausse (24’), confortant les sceptiques dans leur opinion. Il s’agite beaucoup, ses cheveux partent dans tous les sens, mais il ne brasse que du vent, raillent certains.
Viennent les playoffs, au premier tour, Chicago accueille les Celtics de Boston, le champion en titre. Surmotivé par l’ambiance de la post-saison, Noah sort le grand jeu.
Une action reste dans les mémoires, typique du style Jooks, tout à l’énergie. En défense, il vient en aide et pique la balle à Paul Pierce. Mais alors que là où nombre de pivots garderaient la balle en main pour la confier tranquillement à leur meneur, Noah n’hésite pas une seconde. Il poursuit sur sa lancée, en coast-to-coast avec Pierce à ses trousses, avant de finir par un dunk sur la tête de ce dernier qui commet en plus une faute. Le tout dans l’ambiance survoltée du United Center de Chicago.
Les Bulls s’inclinent finalement en sept manches, mais au niveau personnel, c’est une victoire pour Joakim Noah : 10,1 points, 13,1 rebonds et 2,1 contres en 38’ sur les sept manches.
Si cela n’est qu’une bonne série de playoff pour le jeune homme, l’étendue de son potentiel éclate enfin au grand jour.
Vu comme un fumeur de pétards un peu dilettante en début de saison, Noah conclut sa deuxième année de rookie en renvoyant l’image d’un joueur énergique hypermotivé. Reste à confirmer dans la durée.
La vidéo du fameux dunk sur Pierce :
Chapitre 3 : L’envolée
Privé d’équipe de France, Joakim Noah a passé son été à travailler son physique, histoire de muscler un peu son jeu. Si cela à déçu les fans des Bleus, force est de constater que cela à porté ses fruits. Ainsi, c’est avec quelques kilos en plus que le joueur entame sa troisième saison NBA.
Titulaire incontestable, il débute tout feu tout flamme, engloutissant les rebonds, bâchant par-ci par-là, et, nouveauté, il met la balle au fond à la moindre occasion (après rebond, sur claquette ou en transition). Ce qu’on croit n’être qu’un départ en fanfare se prolonge, et, après une quinzaine de matchs, à la surprise générale, on le retrouve en tête des rebondeurs de la ligue avec 12 prises en 33’. À quoi s’ajoutent 1,6 contre et, pour faire bonne mesure, 11 points. Last but not least, il est aussi dans le top 5 au double-double avec huit réalisations.
Si Jooks reste en deçà des meilleurs pivots – il est encore parfois dominé par les poids-lourds du secteur – le Bull a néanmoins franchi un palier. Un simple coup d’œil à ses stats de l’an dernier pour comparer suffit.
Certes toujours role-player – du moins tant que son jeu offensif n’aura pas évolué – Noah peut maintenant espérer une sélection au All-Star Game dans les années à venir. Mais en attendant, c’est le titre de Most Improved Player (joueur ayant le plus progressé) qui lui tend les bras avant de retrouver les Playoffs... avant de finir la saison par le Mondial avec les Bleus ?
Rémi Gaggioli
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C'est très gentil, merci
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