La balle orange et le cinéma, ces deux univers qui n’ont a priori aucun
point commun ont au final engendré près d’une vingtaine de
collaborations sur les trente dernières années.
Si l’aspect spectaculaire du basket a bien sûr été la principale raison
de l’intérêt du 7e art pour ce sport, les joueurs eux-mêmes ont inspiré
-avec plus ou moins de bonheur- les cinéastes (qui heureusement les ont
utilisés la plupart du temps comme guest-stars).
En clair, la balle orange et le cinéma, cela peut donner Les Blancs ne savent pas sauter pour le côté spectaculaire du jeu, et Mon géant et moi pour le côté bête de foire des basketteurs (dans ce cas, Muresan et ses 2,31 m).
Petit tour d’horizon des points de collision entre la planète basket et celle du cinéma.
Rendons tout d’abord à Jabbar ce qui appartient à Abdul. Précurseur*, Kareem Abdul-Jabbar
n’est pas loin d’avoir fait une vraie carrière devant la caméra. Le
légendaire pivot au sky-hook des Lakers de Los Angeles -proximité avec
Hollywood aidant, a joué, ou plutôt fait des apparitions dans près
d’une quinzaine de longs métrages. Il débute en tant que faire-valoir
dans un film avec Bruce Lee, Le jeu de la mort, en 1978.
Lui-même amateur d’arts martiaux, il endosse le rôle du redoutable
Hakeem. Il se mesure évidemment au Petit dragon et se fait méchamment
botter l’arrière-train malgré l’immensité de ses membres et la
différence de taille (un demi mètre !). (la baston en question)
A noter que si ce film inaugure la carrière du grand Kareem, il a aussi été le dernier du petit Bruce.
On retiendra aussi son rôle dans Y a-t-il un pilote dans l’avion ?,
en 1978, où il est Roger Murdock, le co-pilote. Dans une des scènes,
face à un fan l’ayant démasqué, l’acteur Abdul-Jabbar se retrouve à
nier être le basketteur Abdul-Jabbar… jusqu’à s’énerver et se trahir
quand le fan l’accuse de ne pas être vraiment présent en défense. Un
classique.
Sur ses traces, on trouve le Shaq, jamais le dernier pour se
donner en spectacle. Plus précoce que son aîné, O’neal n’a que 22 ans
et 2 ans de NBA derrière lui quand il fait sa première apparition sur
grand écran. Bien décidé à profiter à fond de sa célébrité foudroyante,
il ne se contente pas de faire la guest-star pour une petite scène, et,
un an après la sortie de son premier album (voir Le pe-ra et la balle orange), le 32 des Magics joue les premiers rôles aux côtés de Nick Nolte dans Blue Chips
(1994).
Si le film ne laissera pas un souvenir impérissable, il
permettra néanmoins aux fans de voir les dunks du Shaq -alors encore
svelte- sur grand écran.
O’neal récidive en 1996 avec Kazaam…
Il endosse cette fois le premier rôle pour le meilleur et surtout pour
le pire. Imaginez simplement qu’Hippoposhaq joue un génie qui sort
d’une lampe pour offrir trois vœux à un gamin martyrisé. Et qu’en plus
il rappe… (la preuve en Espagnol)
Toujours pas rassasié malgré des résultats plutôt moyens au box-office, Shaquille commet l’irréparable l’année d’après avec Steel,
film tiré d’un comic américain. Le projet coûta 16 millions de dollars,
et n’en rapporta que le dixième… Et ce ne sont pas les critiques
-unanimement navrés- qui consoleront le Shaq.
Mais heureusement pour les cinéphiles, ce navet semble marquer la fin
des prétentions cinématographiques du désormais 32 du Heat. Enfin
raisonnable, il se contente depuis d’apparitions plus modestes au rang
desquelles on trouve entre autres Scary Movie 4 (la séquence). Il lui aura quand même fallu du temps pour comprendre.
Showman à ses heures, le gigantesque Roumain Gheorghe Muresan,
vrai joueur de basket pour les connaisseurs, phénomène de foire pour
les autres, a profité de son physique hors-normes (2,31 m) pour lui
aussi se frotter au 7e art. Dans un rôle sur-mesure (il vaut mieux !),
il donne la réplique à Billy Crystal dans Mon géant et moi (My Giant) en 1998. Pas du Chaplin, mais tout de même pas comparable avec les « œuvres » du Shaq. (extrait)
Le Worm Dennis Rodman, autre showman invétéré, ne s’est pas
gêné non plus pour passer devant la caméra. Avec un certain succès aux…
Golden Raspberry Awards. Jugez plutôt : Pire premier rôle, Pire acteur
secondaire, et Pire couple à l’écran. C’était en 1997, dans Double Team avec Jean-Claude Van Damme. Ceci explique cela, quelle équipe ! (on vous épargne la séquence vidéo)

Autre connexion entre les deux mondes, les films de basket à proprement
parler. Si le sport peut a priori se prêter à l’exercice
cinématographique, rares sont les réussites, ou du moins les films
regardables. Entre Air Bud, Basket Academy, Above the rim ou encore Like Mike, nous avons là une belle brochette de longs métrages plus que dispensables.
Mais tout n’est pas à jeter dans ces films de genre où quelques-uns sortent du lot :
He got game : un petit Spike Lee, mais un Spike Lee tout de
même, ce qui suffit à le démarquer de la concurrence, prestations
honnêtes de Ray Allen (en tant qu'acteur) et de Denzel Washington (en
tant que basketteur). (extrait)
Les Blancs ne savent pas sauter, un classique même si rien ne
vaut la première fois, au début des nineties, en plein boom du basket.
Un peu démodé aujourd’hui, à réserver aux nostalgiques. (extrait)
Basketball Diaries : la balle orange n’y est pas si centrale
malgré le titre. On peut y voir Leonardo Di Caprio dunker (quelle
blague !) deux ans avant de sombrer dans le naufrage du Titanic.
Coach Carter : une histoire vraie mais tellement américaine,
Samuel L. Jackson fait de ses lycéens une équipe qui gagne sans pour
autant laisser les études de côté.
Space Jam : peut-être le meilleur, du pur divertissement avec
les All-Stars du dessin animé (Bugs Bunny et ses potes) et Michael
Jordan, le basketteur ultime accompagné d’autres All-Stars, bien réels,
eux (Ewing, Barkley, Bogues…). (extrait)
Côté français, à noter l’apparition, au milieu d’autres sportifs
(Schumacher, Le Banner, Zidane et Beckham), de Tony Parker -a.k.a.
Tonus Parker- dans Astérix aux Jeux Olympiques.
Serait-ce pour mieux se consoler de l’absence des Bleus à Pékin ?
R.G.
Autres films de basket :
BASEketball (1998) avec Trey Parker et Matt Stone (créateurs de South Park) : l’histoire d’un nouveau sport mêlant baseball et basket…
Like Mike (2002) avec Lil’ Bow Wow, Dirk Nowitzki, Vince Carter,
David Robinson, Chris Webber, Steve Nash, Michael Finley, Tracy
McGrady, Allen Iverson, Gary Payton, Alonzo Mourning et Jason Kidd (ouf
!)
Above the rim (1994) avec Tupac Shakur : le rap, le basket et le ghetto. Yo !
Hoosiers (1986) : sorte de Coach Carter avec Gene Hackman
Les chemins du triomphe (2005) : pareil sans Hackman ni Jackson
Basket Academy (2006) : pareil en version humoristique avec Martin Lawrence (Bad Boys)
Love and basketball (2000) : tout est dit dans le titre, ils s’aiment et le basket avec
Air Bud (1997) : un chien qui joue au basket. Sans commentaires.
*Julius Erving l’a suivit de près dans The Fish that saved Pittsburgh en 1979, mais par charité chrétienne, on ne s’étendra pas sur cette "œuvre".
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C'est très gentil, merci